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J’ai tout essayé de Filliozat – Lectures de parents #1

6 Commentaires

Opposition, pleurs et crises de rage : traverser sans dommage la période de 1 à 5 ans.

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Je me suis rendue, il y a quelques mois, à une conférence d’Isabelle Filliozat. Vous la connaissez ? A partir d’un constat personnel, elle s’est remise en question en tant que maman. Elle a constaté que face à certains comportements de ses enfants, elle se sentait parfois impuissante, pleine de doutes. Elle trouvait cela étrange que l’on puisse observer les mêmes comportements récurrents dans chaque type de tranches d’âges. De plus, en tant que psychothérapeute, elle voyait bien dans son cabinet que les modèles traditionnels de l’éducation n’avaient pas fait leur preuve. Nombreux de ses patients éprouvaient les mêmes difficultés : manque de confiance en soi, de sécurité intérieure et d’harmonie relationnelle. A partir de la, elle a réfléchi à des stratégies éducatives (à des moyens de comprendre nos enfants surtout) se basant sur les dernières découvertes sur le cerveau, notamment en neurosciences.

Lors de sa conférence, les parents ont été invités à poser des questions relatives à leurs difficultés éducatives. Bien souvent, on aimerait une recette miracle à nos petits soucis éducatifs, sans comprendre comment fonctionne le cerveau de l’enfant de moins de trois ans.

L’enfant a besoin d’attachement et de se sentir signifiant, utile. Tout être humain en a besoin. Elle appelle cela la Puissance Personnelle. Voici quelques réponses qu’elle a pu apportées. Vous pouvez retrouver, sous forme de dessins très explicites, quelques réponses dans son livre.

1/ Problématique lié à la place du cadet.

(et en cas de peu d’écart)

Le « grand » est encore petit entre 1 et 3 ans. Alors comment lui laisser sa place ?

Le problème lorsque l’on a des enfants d’âges rapprochés, c’est que pendant la grossesse la maman peut moins porter le grand. Il a pourtant besoin de contact et d’être calmé dans ses « débordements ».

Elle utilise la métaphore du porte-avion : dès que l’enfant a assez de carburant pour explorer, il va plus loin s’il sait que sa place sera conservée. On peut essayer de discuter, de verbaliser : « Ça ne doit pas être facile de partager. »

Quelques pistes :

Décider ensemble d’un signal quand le grand pense qu’on ne l’aime pas. « Est-ce que ça t’arrive de penser que je t’aime moins que … ? » Le bébé peut attendre aussi. « On pourrait faire ça ensemble. Ça serait bien mais d’abord je dois m’occuper du bébé. » Le bébé s’installe sur la piste d’atterrissage. J’ai lu dans des magazines, à la naissance de Choupinette, de faire comme si ça nous embêtait aussi de nous occuper du bébé : « Ouh la la, il faut que j’aille changer sa couche pourtant j’aimerais jouer avec toi ! »

Le grand a l’impression qu’il prend sa place. On lui passe les vêtements, les jouets, il est peut-être aussi dans la même chambre. Il peut se sentir trahi et avoir des pulsions agressives. La blessure de l’aîné peut être profonde.

Comment faire participer l’aîné ?

« Est-ce que tu le mets encore ce vêtement ? On peut essayer ensemble ? »

Pour les jouets : « On va faire le tri ensemble ? Quels sont ceux que tu veux garder ? ». Prévoir également un tiroir fermé à clé pour l’aîné. Un coin à lui ou une étagère. L’enfant a besoin d’ordre, même assez jeune. C’est comme cela que son cerveau se structure. Il a besoin d’un espace à lui pour ne pas avoir besoin de contrôler sa petite sœur.

Vous allez me dire (car je connais ça) : oui mais comment faire dans un F3 ? Je comprends car j’ai le même souci ici. Puce et Choupinette dorment dans la même chambre et il n’est pas évident du tout de prévoir un coin pour chacune. Je peux observer qu’elles se disputent souvent et que Puce a besoin de contrôler tout ce que fait sa sœur. Elle veut qu’elle range, qu’elle ne touche pas tel ou tel jeu. Heu… bon je vais essayer de revoir cette organisation mais ce n’est pas évident à mettre en œuvre. De plus, elles commencent à faire la différence entre leurs poupons et elles aiment aussi jouer ensemble.

D’ailleurs, en jouant les enfants construisent leur cerveau. Il ne faut pas interrompre un jeu brutalement. Le jeu peut même guérir de certains peurs, c’est pour cela qu’on parle de jeu symbolique. Les enfants jugent sur les actes et non les paroles, elle souligne que la communication non verbale est très importante.

On peut tenter (plus facile à dire qu’à faire) d’enseigner au plus petit à réguler sa colère. « Tu peux lui demander si tu peux lui prendre ? » sachant qu’avant 5 ans l’enfant ne sait pas partager mais il sait échanger. Essayer de leur fournir des compétences sociales : idée de la liste d’attente, chacun son tour et voir s’ils parviennent à s’approprier ces règles. Retenir qu’apprendre par le jeu et la communication non verbale permet de faire passer plus de messages. Plutôt que punir, expliquer. Le développement de l’enfant est sensori-moteur, il apprend par les sens et les gestes. Mieux vaut lui montrer comment faire que lui expliquer.

Dans le livre : Chapitre 11 sur les disputes entre enfants.

2/ Comment calmer les colères ?

Ah ça a grande question que tout parent se pose. L’enfant apprend en regardant ses parents. Essayer de trouver une échelle des colères de 0 à 10 et lui dire que nous aussi cela nous arrive. Nous aussi, on va parfois souffler de notre côté, dans notre chambre.

« Tu es en colère. Va respirer / souffler. Peux-tu mesurer ta colère ? »

Lui apprendre à souffler avec une peluche. Va souffler, ou souffler dans une paille, regarde la peluche fais comme ça pour se calmer. L’enfant ne cherche pas à tester ses parents, ou à faire des caprices, car il n’en a pas encore les possibilités intellectuelles. Ces crises de rage peuvent expliquer une détresse du système nerveux qui s’emballe. Prendre simplement l’enfant dans ses bras, l’entourer permet à l’ocytocine, hormone du bonheur de se mettre en route. Privilégier le contact physique.

Elle donne des exemples dans son livre comme la régulation du cerveau avec l’exemple du supermarché. L’enfant a trop de sollicitations. On peut essayer d’attirer son attention sur autre chose, lui trouver une mission. Il a besoin de mouvement. Qui a un enfant qui arrive à rester tranquillou dans le caddy une bonne heure ??? Réguler son cerveau signifie apprendre à réguler la colère. Si trop de colères, de stimuli, on stresse trop et on disjoncte. Certains réseaux de neurones spécifiques de stress peuvent détruire la flore intestinale.

Elle va même plus loin en disant que les traumas se transmettent de génération en génération. On peut hériter de gênes de stress. Trop punir l’enfant le fige dans l’action et le stresse. Plus tard, l’adulte risque d’être angoissé ou frustré et n’osera pas s’exprimer, être lui.

En résumé, on voudrait que nos enfants sachent faire, calmer leurs émotions seuls, sans leur montrer. Ce qui relève de l’utopie.

Elle met aussi l’accent sur l’alimentation. Certains additifs ou colorants, le sucre, le gluten peuvent modifier l’humeur. On a vu récemment sur un reportage diffusé la semaine dernière sur France 2 l’impact de certains pesticides sur la santé aussi. (celui de cash investigation)

3/ Le besoin de courir.

Ou le besoin de mouvement, la mobilité est première. Et on s’étonne le soir que nos enfants aient envie de bouger. Sauter sur le canapé peut signifier que l’enfant n’a pas assez couru.

Voici le lien vers une vidéo d’un architecte japonais qui a pensé une école sans cloisons, ici. Le bâtiment est rond. L’enfant est libre de courir quand l’énervement monte. L’énergie devrait-on dire ? Elle souligne l’importance de la dépense physique, on court moins qu’il y a trente ans et on voudrait que les enfants restent assis tout le temps, bien sages.

4/ L’éducative positive, bienveillante.

C’est chercher d’où vient le gaz, tout a un sens. Il y a souvent une raison derrière un comportement.

Rejeter l’enfant risque d’augmenter son stress. Or, le stress divise. Vous allez me dire que je parle souvent de stress ? Oui, ça m’interpelle beaucoup car je suis une personne un peu « stressée » (un euphémisme ?). Bien sur, le but n’est pas de faire le procès de ses propres parents qui avaient eux-mêmes une autre éducation, ni de dire que telle ou telle éducation n’était pas la bonne. Non, et puis d’autres paramètres entre en jeu, le vécu de chacun, l’entourage, les événements, la scolarité…

Elle nous parle des neurones miroirs. Quand le parent est stressé, vit des périodes peu évidentes, l’enfant le ressent et va forcément « faire des crises ». Le stress divise. Si l’on rentre chez soi le soir, après une journée de boulot difficile, si on est énervés, l’enfant le ressent. Il va donc plus facilement entrer en conflit avec nous. Plus on est calme, plus il sera calme. Prévoir d’aller décompresser 15 minutes dans une autre pièce dans ce cas, par exemple, avant d’aller voir son enfants.

Les émotions sont à comprendre, à interroger. L’enfant le sent si on est un adulte stressé, il essaie d’atteindre le cœur de sa mère en se montrant encore plus, en attirant son attention de façon à l’énerver.

Peut-être que notre cerveau a été abîmé petit ? (au sens des émotions)

Conclusion :

En conclusion de sa conférence, mais aussi de son livre, elle nous parle de complicité. De développer une connexion avec l’enfant, à la place de l’autorité et de la distance. Etre avec l’enfant et pas contre lui. Ne pas penser que l’enfant nous cherche. Elle utilise comme image le fait que nous souhaitons souvent être à l’étape d’après dans la vie.

Quand on est enceinte, on a hâte d’accoucher.

Puis hâte que l’enfant marche pour ne plus avoir à le porter.

Puis hâte qu’il aille à l’école pour être plus tranquille.

Puis hâte qu’il soit autonome, hâte qu’il fasse sa vie.

Et un jour, il part de la maison et on se retourne sur sa chambre vide. Avons-nous bien profité ensemble ? N’avons-nous pas passé notre temps à nous faire des reproches ? A nous disputer?

« Prenons le temps de profiter de chaque instant de chaque étape de la vie de notre enfant. Ca passe toujours trop vite et la seule vraie urgence est d’AIMER. »

Pour une enfance heureuse,

Repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau, Catherine Guegen.

Ce blog véhicule bien la « théorie de l’éducation bienveillante et positive »: ici.

Il s’agit de cool parents make happy kids.

L’auteur a même pu bénéficié d’une intervieuw au journal de 13h.

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C’est ma participation au RDV de chez Poupette World concernant nos lectures de parents, ici.

 

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Auteur : rivieramum

Maman en congé parental de deux pupuces de 19 mois d'écart, voici un énième blog de mamans pour rire et partager de bonnes idées, les bons et les moins bons moments. A suivre...

6 réflexions sur “J’ai tout essayé de Filliozat – Lectures de parents #1

  1. Mon livre de chevet concernant l’éducation de mes enfants c’est: Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent de Faber et Mazlish. Ce livre nous apprend à poser des limites tout en restant bienveillants . Il y a des cas concrets et des bandes dessinées. C’est très terre à terre. Elles ont aussi écrit Rivalités et jalousies entre frères et soeurs qui a été fort utile.

  2. Merci pour ta participation et pour ce résumé vraiment bien fait !
    J’aime beaucoup ce qu’Isabelle Filliozat écrit. J’aurais adoré être à la conférence dont tu parles

    • Merci, oui top la conférence elle anime bien ses propos et les illustre avec les questions des parents présents. C’est très intéressant d’y assister même si on apprend rien de vraiment nouveau si on l’a déjà lue.

  3. ça devait être très complet apparemment comme conférence mais je ne sait pas si je pourrais vraiment m’y intéresser, je piocherais quelques idées de ci de là peut être

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